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De la formation « push » aux apprentissages « pull »
15 décembre 2014 Twitter X   LinkedIn
Push : des programmes de formation « poussés » vers l’apprenant ; pull : des ressources que l’apprenant va lui-même chercher… C’est à une sorte de révolution copernicienne que le marché de la formation est confronté depuis quelques années, et dont les conséquences commencent à se dessiner.

Révolution : le mot n’est pas trop fort, même si elle a pris son temps jusqu'à présent. Mais il semble, vingt après l’apparition du Web dans les entreprises suivie de près par le e-learning, que le mouvement s’accélère sous l’effet de puissants facteurs. D'abord justement : l’usage dorénavant quasi-universel du Web, et des attentes qu'il a progressivement créées. Notamment celle d'une réponse immédiate à toute question que l'on se pose ; notre contemporain "googlise" tout et n'importe quoi : lui-même pour vérifier qu'il existe bien sur le web, ses amis ou toute nouvelle rencontre dont le profil numérique finit par se substituer à l'opacité de la personne dans la "vraie vie", un mot, son orthographe, sa traduction, etc.

"Pull" : c'est le mot qui caractérise l'essentiel de nos activités sur le Web : on cherche une information précise et on décroche dès qu'on l'a obtenue, ou bien on reste sur le Toile séduit par un message, un lien, on picore, on procrastine ! Pull : je tire à moi, je "m'approprie", j'apprends dans la plus grande liberté : le Web est devenu un droit fondamental. On demandera : est-ce bien apprendre ? On s'inquiétera aussi des fondamentaux : la formulation d'une requête sur le Web ne suppose-t-elle pas un peu de vocabulaire, quelques connaissances syntaxiques (syntaxe de la langue dans laquelle la requête est formulée, syntaxe native de Google). A voir…  Ce qui était vrai il y a dix ans l'est moins aujourd'hui, le sera encore moins demain : les moteurs sont capables de corriger vos fautes d'orthographe et de remplir les blancs (les mots clés que vous avez omis) - la paresse menace, car il importera peu, pour le moteur, qu'on possède un vocabulaire de 2.000 ou de 10.000 mots, lui possèdant tout le vocabulaire du monde. Pull : c'est pouvoir s'informer, sans aucun doute, sur ce qui nous tient à coeur ou nous vient à l'esprit ; c'est accéder à la plus vaste expertise réunie dans tous les champs de la connaissance ; c'est la possibilité d'entrer en relation avec les meilleurs spécialiste… Ce ne serait pas apprendre ?

"Push" est l'autre mot. Celui d'une époque où la rareté primait, et où la plupart des connaissances théoriques et pratiques étaient "poussées" par l'enseignant (ou le formateur) vers l'élève (l'apprenant) au mépris le plus souvent du rythme de celui-ci : il faut suivre le programme, vaille que vaille, même s'il n'est pas adapté, même obsolète à peine délivré. Le pull existait : bibliothèque ou librairie, il fallait s'armer de patience ou d'un chéquier. Il existait aussi pendant ou à la fin du cours, quand l'enseignant se prêtait de bonne grâce aux questions. Mais l'essentiel tenait du gavage : l'élève était tenu de stocker des connaissances qui pourraient lui servir un jour (pas trop tard, car la courbe de l'oubli les effacerait bientôt). La formation professionnelle s'est longtemps inspirée de ce modèle ; elle a cependant beaucoup évolué ; même le cours en salle y échappe de plus en plus souvent, grâce à des andragogues qui savent penser la construction des savoirs à travers des activités apprenantes mêlant push et pull. Le push a d'ailleurs de beaux jours devant lui. Il y a certains savoirs sur lesquels l'entreprise ne saurait transiger, sauf à courir des risques. C'est par exemple le cas des formations de mise en conformité (compliance). Une banque acceptera difficilement que ses salariés se soustraient à un cours sur la lutte contre le blanchiment, ou un laboratoire pharmaceutique que ses visiteurs médicaux ne se forment pas à la charte de la visite médicale.

Quoi de neuf, si pull et push coexistent depuis toujours ?

Le digital qui permet aux formateurs d'étendre leur champ d'action : du push (leur traditionnel apanage) au pull, dans toutes les activités d'accompagnement et de curation qu'lls pourront apporter aux apprenants. Une extension sans rupture, dans un cadre qui s'accomode bien de la formation push et des apprentissages pull.

Michel Diaz

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